Un pied au Maroc, l'autre dans le ciel

Un marathon, vous laisse de beaux souvenirs dans la tête. Mais ce n'est que le début de folles aventures.

Nous sommes au mois de juin 2004. Je viens d'apprendre le décès de ma grand-mère paternel. Encore une étoile de plus qui brille dans l'immensité du ciel.
Je suis en stage à Lille. Le téléphone sonne. C'est Jo le Guen.

Jo : Salut Franck. J'ai suivi ton marathon de New York. Je suis sur un projet de traversée l'atlantique à quatre. Je pense que tu es le type même qu'il me faut.

Moi : Okay Jo, je suis partant.

Je ne connais rien à la mer, rien à la rame. Sans réfléchir, j'ai dit oui.
Mais comment annoncer ça à ma femme, à ma famille, à mon employeur? Et puis comment va se passer toute la préparation de cette aventure?
On verra bien...

Je rejoins Jo au Maroc, au mois de septembre. Un raid VTT, dans le moyen Atlas, pendant 9 jours et 500km. Petite particularité, nous ne serons que des éclopés à relever le défi ; 9 Marocains et 6 Français. On se retrouve tous à Casablanca. Départ du raid de Meknès pour rejoindre Midelt.
Les étapes vont passer par El Hajeb, Ifrane, Ain Leuh, Oun er rbia, Kénifra, El Kebab, Boumia pour terminer par Midelt.

Ici le soleil et la chaleur sont écrasantes pourtant nous serons sur la route à donner nos coups de pédales. Chacun de nous à sa propre expérience, mais certains Marocains n'ont presque jamais roulé en Vélo. Les débuts seront difficiles et il n'est pas rare que je pousse des camarades en difficultés. Quand, je le peux, j'aide les plus faibles puis je prends en chasse le groupe des meilleurs.
Souvent, je leur dit Salamal au cul, salamal aux couilles. Tu bois du Sidi à l'eau (Sidi Alli : eau minéral). Ca donne le sourire au Groupe qui me considère comme une star. Alors que les stars se sont eux.
Histoire de changer, il m'arrive de déposer le VTT est de courir soit la fin de l'étape, soit le début.
C'est dingue parce que tout le monde se donne à font. On dirait que chacun prend une revanche sur le destin et la vie.
J'ai vu la solidarité, la soif de vaincre et lutter. Lors d'une étape après une ascension de plus de 10% sur 14 kilomètres, un des marocains, c'est effondré. Il venait de monter cette difficulté sur une jambe, car du côté amputé, il n'avait pas de prothèse. Je vous assure que beaucoup aurait abandonné avant.

A la fin du Raid, j'aurai une discussion avec Jo sur la traversée. Il m'explique tout de A à Z. Reste à trouver des rameurs pour nous accompagner...

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