Le handbike fait sa fortune

  • Par rowoflife
  • Le 01/09/2010
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Amputé des deux jambes, Patrick Fortuné a participé à la 4e édition du week-end cycliste handisport.

Je fais du vélo depuis 20 ans, mais lui, il a 100 fois plus de mérite que moi. » Thierry, 49 ans, jette un coup d'oeil admiratif au cycliste qui se tient à côté de lui. Sur son handbike, vélo à trois roues destiné aux personnes en fauteuil roulant, Patrick Fortuné affiche un sourire serein. Le sportif vient de boucler un parcours contre-la-montre de 16 kilomètres, à l'occasion du week-end cyclisme handisport à Escoublac. « C'est ma troisième participation », précise l'Amiénois.

Amputé à la suite d'un accident

À 55 ans, Patrick Fortuné est amputé des deux jambes, à la suite d'un accident de la route en 1986. « Avant, j'étais coureur cycliste amateur, raconte-t-il. Je participais à des épreuves tous les week-ends. Après mon accident, j'ai voulu retrouver une activité sportive et c'est là que j'ai découvert le handbike. » Le drôle de vélo, monté sur trois roues, avance à la force des bras de son pilote. « Au départ, c'est un peu dur, reconnaît-il. Mais, en général, une fois qu'on a la technique, on ne tombe pas. »

Trois fois champion de France

Après 23 ans de pratique, Patrick Fortuné se compare aujourd'hui à « un vieux routier ». Des petites courses régionales à ses débuts, il est passé aux compétitions nationales et internationales ces dernières années. « J'ai été trois fois champion de France de handbike et plusieurs fois vice-champion. » Même s'il compte de nombreux titres à son tableau de chasse, Patrick Fortuné garde la tête sur les épaules. « Ça marche pas trop mal pour moi, reconnaît-il. Mais je suis ici pour me faire plaisir, pas pour remporter la victoire à tout prix. » Du reste, il continue d'entretenir sa forme au quotidien. « Je m'entraîne quasiment tous les jours en faisant au moins 40 kilomètres de handbike. J'aime bien aussi faire des sorties en quad. » Lorsqu'il se déplace pour des compétitions, Patrick Fortuné peut compter sur le soutien de sa famille. « Ma femme vient quand elle le peut. Mes filles viennent aussi me voir de temps en temps. » Et quand ses proches ne peuvent pas l'accompagner, reste les autres cyclistes handisports, qu'il a appris à connaître au fil des courses. « On se connaît tous. Mais entre athlètes, parfois c'est dur car l'esprit de compétition reste, malgré tout. »

Hélène Bielak

« Je suis ici pour me faire plaisir, pas pour remporter une victoire à tout prix »
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